Frédéric TRISTAN

" LES OBSEQUES PRODIGIEUSES D’ABRAHAM RADJEC "

Fayard – Février 2000

 

Ce roman se passe dans une communauté juive polonaise réfugiée après la deuxième guerre mondiale et le génocide, à Hotzeplotz où s’est reconstitué un ancien shtetel. Il est émaillé de mots et locutions en yiddish.

Itzhak Scholem, de Lotz, ayant reçu une lettre d’un ancien camarade de l’université de Varsovie, entreprend un long voyage pour revoir son vieil ami Abraham Radjec. Mais il arrive trop tard, Abraham vient de mourir.

Il rencontre son frère Saül, qui est horloger et vit seul, ayant perdu sa femme et son fils dans un camp d’extermination. Il révèle à Saül l’énorme tâche qu’Abraham et lui s’étaient imposée à la fin de leurs études : réécrire la Torah en yiddish, ainsi que mille deux cent légendes et des notes concernant le Talmud. Tous deux ont passé leur vie à faire ce travail colossal, vivant très pauvrement.

Lors de l’enterrement, selon leurs coutumes, Sholem discute avec les différents invités, évoquant le passé et les coutumes et anecdotes d’autrefois.

Après la cérémonie, voilà Abraham qui réapparaît ! Il entraîne son ami dans des aventures joyeuses, lui qui était si sérieux. Il mange comme un goy, il boit, il va au bordel, il décide d’épouser une des filles. Sa mère aussi réapparaît pour ce mariage. Saül aperçoit même sa femme et son fils disparus.

C’est un conte, bien sûr, mais c’est très émouvant de retrouver l’atmosphère des shtetel d’autrefois, qui est admirablement décrite.

Ainsi, la nostalgie d’un monde disparu, quel qu’il soit, pousse les derniers témoins à le reconstituer dans tous ses détails.

retour au sommaire des résumés