Dino BUZZATI

LE DESERT DES TARTARES

Robert Laffont- octobre 1949 – traduit de l’italien.

" Giovannni Drogo, qui venait d’être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation ".

Après plus d’une journée à cheval et une nuit à travers une région montagneuse, il arrive enfin au fort, aux confins d’un désert et de la frontière.

Libéré de ses années d’études ennuyeuses à l’Académie militaire, il s’imaginait qu’une vie brillante l’attendait. Mais quelle déception ! Il ne se passe rien là-haut. Il n’y a pas de distractions, le règlement est appliqué à la lettre, le fort est supposé défendre le pays en cas d’attaque d’ennemis… mais il n’y a jamais personne en face. Certes, le paysage, murs et rochers, est grandiose.

Le lieutenant pensait n’y rester que quatre mois, mais peu à peu, il suit l’exemple des autres, qui attendent patiemment l’événement rêvé, dans l’espoir d’une vie glorieuse moins ordinaire que celle de leurs frères ou camarades restés en ville, devenus hommes d’affaires, mariés, pères de famille.

Drogo prolonge donc son séjour, à l’instar du capitaine Ortiz, qui finit par prendre sa retraite, désespéré. Mais lui espère encore…

Les années passent. Drogo vieillit, s’affaiblit, tombe malade, et alors qu’il est alité, un régiment armé se pointe, de l’autre côté de la frontière, des renforts arrivent, il est transféré en ville à l’hôpital, mais il s’arrête en route dans une auberge, où la mort le surprend.

" Roman magnifique, traitant de l’absurde, du rêve, du tragique de la vie, de l’incommunicabilité, de la fuite du temps et de la solitude. "

Mais peut-être le lieutenant Drogo n’a-t-il pas été aussi malheureux qu’il le croit, car les rêves éveillés sont aussi une source de bonheur et ignorent les déceptions de la réalité. Cette fable allégorique touche tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont renoncé à une vie ordinaire, ne fût-ce que quelques heures, dans l’espoir d’une aventure pleine de promesses, attendue en vain.

 

 

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