LA JARRE D’OR

A l’approche du printemps, deux frères étaient partis labourer. L’un tenait les mancherons, l’autre guidait les bœufs.

Ces frères s’aimaient beaucoup.

Pendant le labourage, le soc heurte un obstacle. Après bien des efforts, une jarre pleine d’or est découverte.

Le pousseur dit :

" Holà ! J’ai trouvé de l’or ! "

Le bouvier dit :

Ne dis pas " j’ai trouvé " , mais " nous avons trouvé ".

L’un dit oui, l’autre non. Oui – non – oui – non ! ils se disputent, ils se disputent.

Tout à coup, le vieillard, propriétaire du champ, se dresse devant eux et dit :

Mes enfants, ce champ contenant de l’or m’appartient. Je vous fais cadeau de l’or. Pourquoi vous disputez-vous ? Pousseur, le bouvier à raison, tu aurais dû dire : "  nous avons trouvé ".

Partagez donc cet or entre vous deux ! "

Il dit, et disparaît.

Les deux frères se regardent, étonnés de ce miracle. La jarre pleine d’or devant eux, ils ne savent pas quoi en faire .

Au bout d’un moment, le pousseur dit :

Mon vieux, si je n’avais pas tenu les mancherons bien droit, la charrue aurait été de travers, on n’aurait pas heurté la jarre. Tout l’or est à moi.

Frère, dit le bouvier, si je n’avais pas conduit les bœufs bien droit, ton soc aurait été de travers, il n’aurait pas heurté la jarre, il n’y aurait pas eu d’or. Ah ! mon frère, partageons entre nous !

L’un dit non, l’autre oui, non – oui – non – oui. Ils se chamaillent, s’entraînent sous une haie, ils se battent tellement qu’ils saignent tous deux.

Tout à coup, ils s’aperçoivent qu’il n’y a plus ni jarre, ni or. Le vieux, pour les mettre d’accord, l’avait ôtée du champ.

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