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Extrait de " Berceuse pour Mère Arménie " d’Archag Tchobanian




Relève la tête, ne pleure pas ! Saint est le chagrin

Et sublime et sain. La terre ne connaît rien de plus noble

Que la vaillante victime sous sa croix.

C’est dans l’ombre que naît la lumière de l’aube.

Les destructeurs noirs, les tortionnaires rouges

Vont disparaître comme la fumée va se dissiper,

et de tes cendres tu renaîtras encore,

rajeunie par la souffrance, radieuse, brillante et claire

Tu t’avanceras triomphant de ces ombres ;

Tes yeux vont devenir des étoiles, et scintilleront avec éclat ;

Tes blessures se changeront en roses resplendissantes,

Et de ta chevelure blanchie jaillira de la lumière.

Toi du seras debout à l’orée des chemins

Et tu briseras les frontières qui te maintenaient dans l’obscurité.

Mère, lève-toi ! Tes souffrances étaient les douleurs de l’enfantement ;

C’est un monde qui s’agite dans ton ventre !

Traduction Louise Kiffer d’après la version anglaise d’Alice Stone Blackwell
Poème en anglais extrait de  "The tragedy of Armenia " de
Bertha S. Papazian (1918)