Menez Ararat
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Origine du logo de l'association Menez Ararat

Ces quelques mots et ce dessin ont jailli de l'émotion vécue en écoutant des Arméniens parler de leur souffrance du déni turc, de leurs morts dont ils ne peuvent faire pleinement le deuil tant que le malheur qu'ils ont subi ne sera pas reconnu par ceux  qui l'ont provoqué, et de l'émotion de Mr Roger Hekinian parlant du drapeau Arménien dont les couleurs racontent le sang rouge des victimes répandu sur les blés dorés d'Arménie sous le ciel bleu.

Pendant le retour à la maison, mon imagination tournait en moi-même et à la maison j'ai pris un papier, un crayon, une gomme, un pinceau et ma boîte de gouache et je me suis mis à écrire et crayonner ce qui montait en moi.

L'Ararat, symbole de l'Arménie a le côté ouvert par un coup de lance, comme fut ouvert le côté du Christ sur la Croix, et du coeur ouvert de l'Ararat coule le sang des martyrs arméniens sur les blés.

Comme cet événement vécu dans la journée était lié à l'amitié de ces familles arméno-bretonnes, l'Ararat est devenu la base du dessin de l'hermine qui orne le drapeau breton, les losanges de l'hermine stylisée étant la pointe du Finistère et la lande bretonne en vert, le bleu est la continuité de la mer et du ciel.

Le petit quatrain est né tout naturellement, la blessure du coeur de nos amis n'étant pas refermée. "

Pierre Rio
 
Qui est Pierre Rio
Je suis breton d'origine, de Locmiquélic, petit port du Morbihan.
J'ai épousé il y a 43 ans une jeune et belle arménienne née en France de parents nés dans l'empire ottoman et qui ont fui la Turquie.Nous avons vécu en Bretagne jusque l'an 2001 dont 35 années à Lannion (22), actuellement nous sommes dans le sud où nous sommes venus nous mettre au service d'une Communauté religieuse.

 
     Depuis notre rencontre je me suis intéressé puis attaché à l'histoire de l'Arménie avant et pendant l'empire ottoman, ma première lecture a été "Vartanank" et ensuite différents livres sur le génocide. Mon premier vinyl de chants et danses arméniennes du festival de Baalbeck enregistré au Liban m'a conquis pour la musique arménienne. Il y a eu ensuite la découverte de la musique religieuse avec les moines de St Lazare de Venise, la liturgie de l'Eglise Apostolique Arménienne rue Jean Goujon, les passages lors de voyage à Paris à la Librairie Samuelian rue Monsieur Le Prince, les livres sur les enluminures des Evangiles Arméniens, les sites internet arméniens, juste en passant je relèverai la cuisine arménienne que nous retrouvions avec délice quand nous allions en famille.

 
J'ai été pris et je le suis toujours par ce qui concerne la question arménienne. L'Arménie a été pour moi jusqu'il y a très peu de temps l'histoire de l'Arménie Ottomane et de la diaspora. Il y a deux ans nous avons été amenés à rencontrer des arméniens arrivés en France en provenance de la République d'Arménie. Cette rencontre m'a permis de me rendre compte que l'histoire des Arméniens de la Diaspora et celle de ceux de la République n'étaient pas la même.
Dans le premier cas, j'avais appris à connaître des apatrides, soufrant de l'exil et de la patrie perdue, qui se sont intégrés dans leur pays d'adoption.
Dans le deuxième cas j'ai découvert des immigrés venant d'un pays qui a une réalité territoriale et qui viennent chercher un meilleur niveau de vie, tout en restant rattachés par un cordon, notamment télévisuel, au "chez nous" .

 
    Ce fut l'occasion de m'intéresser à la République d'Arménie, le petit reste de ce que fut la Grande Arménie. Actuellement j'achève la lecture du livre "Un acte honteux" de l'historien turc, j'ai avalé le roman historique de Siboué "Erevan" et pour mieux comprendre ce qui a conduit l'empire ottoman au génocide des arméniens je m'attaque au livre d'Yves Ternon " Les Ottomans".

 
En Septembre 2008 nous sommes allés en Arménie avec la paroisse arménienne de l'Eglise Apostolique de Paris pour la bénédiction du Saint Chrême à Etchmiadzine. Ce voyage nous a permis de visiter quelques Eglises et monastères, de prendre conscience de la pauvreté dans ce pays et du contraste étonnant d'une certaine catégorie sociale manifestant ostensiblement sa richesse.

 
Voilà où j'en suis de ma relation avec l'Arménité, je ne suis pas arménien de naissance mais je crois avoir contracté un "virus arménien" dont je ne souhaite pas guérir.

 
    Ceci peut expliquer peut être pourquoi je fus si bouleversé par les paroles de Roger HEKINIAN, ce qui m'a conduit à accoucher de ce logo. Je souligne que je n'ai pas mis dans le logo "Arméniens de Bretagne" mais " Arménie en Bretagne", Menez Ararat étant ce petit territoire où l'Arménie a été éxilée et sur lequel les graines de l'arbre de la mémoire se sont enracinées lui permettant de continuer à fleurir et de porter du fruit.