Les Crypto-Arméniens

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Les Crypto-Arméniens considérés comme une menace pour la Turquie.

Le quotidien turc d'Istanbul "Milli Gazette" du 28.12.05 publie le rapport suivant sous le titre: "Les Crypto-Arméniens parmi nous".

Les descendants des "Crypto-Arméniens" qui cachaient leur identité et se prétendaient Musulmans afin d'échapper aux déplacements forcés exercés au cours des déportations imposées en 1915, reprennent maintenant leur véritable identité.

Il a été établi que les Arméniens qui ont changé leur religion pour devenir des Musulmans ostensibles afin d'échapper aux déplacements forcées dus à la déportation imposée par l'Etat Ottoman en 1915, ou bien qui ont été remis à diverses familles pour être adoptés, ont réussi à cacher leur existence sous cette "identité secrète" pendant de nombreuses années. On estime qu'il y a environ 30 à 40 000 "Crypto-Arméniens" vivant en Turquie en tant que Turcs ou Kurdes.

Selon le Professeur Salim Cohce, connu pour ses recherches concernant les Arméniens, les Crypto-Arméniens, semblent être des Musulmans, mais conservent cependant leurs traditions grégoriennes. S. Cohce, déclarant que quelques études ont été menées récemment sur ces populations, souligne que dans un proche avenir, elles vont être utilisées pour réaliser les rêves des Arméniens.

S. Cohce dit qu'on a identifié plus de 3500 Crypto-Arméniens lors de recherches sur place à Malatya.

Dans le magazine "Aksiyon" S. Cohce déclare qu'une autre évaluation intéressante a été faite à Tunceli. Il spécifie que d'après les archives, deux mille personnes ont été déplacées à Aydin,  bien qu'elles-mêmes n'aient pas émigré, et que deux ans après, les archives ont été modifiées  en remplaçant le mot "Chrétien" par le mot "Musulman", sous la rubrique "religion", et qu'ils ont été renvoyés à Tunceli. S.Cohce spécifie que le nombre de convertis à l'Islam après la déportation se montait à 100 000.

Il y a 40 000 Arméniens cachés.

Selon une étude intitulée "Armenians in Turkey Today" (en anglais) écrite en 2002 par le Dr. Tessa Hoffmann, qui sert de "témoin expert" dans les auditions de Turcs d'origine arménienne qui demandent l'asile politique en Allemagne, il y a "40 000 Arméniens cachés" en Turquie. Mais on voit clairement, d'après le nombre de personnes qui changent de religion, sauf quelques exceptions, que les Arméniens qui se sont convertis ostensiblement à l'Islam dans le passé, sont maintenant disposés à reprendre leur véritable identité. Alors que 2630 personnes en Turquie ont changé de religion au cours des années  1916-2004, 2172 d'entres elles ne faisaient que retourner à leur religion précédente. Plus de 60 % de celles qui retournaient à leur religion d'origine, soit 1340 personnes, étaient des Arméniens. La plupart de ceux qui changeaient de religion étaient inscrits dans différentes provinces telles que Istanbul, Diyarbékir, Adiyaman, Batman, Sivas, Tunceli, Malatya, Elazig, Kayserai, Mersin, et Mardin.

Le Professeur Salim Cohce explique que ces recherches concernant les Arméniens cachés et convertis à Malatya, ont augmenté après 1995; et qu'en 2003, quelque 120 personnes d'origine arménienne portant des noms musulmans, ont lancé une pétition pour la réouverture de l'église de Cavusoglu.

S. Cohce soutient que les efforts des convertis sont faits, via des citoyens d'origine arménienne, pour retrouver les dossiers des actions et des anciennes propriétés. S. Cohce prétend aussi qu'au cours des enquêtes menées à Malatya, on a identifié des "convertis" (muhtedi turcs) qui ont assumé les postes de présidents provinciaux de MHP (parti d'action nationaliste).

Ils pourraient être utilisés dans le "terrorisme urbain".

S. Cohce, indiquant qu'il y a aussi, parmi les convertis, ceux qui sont devenus sincèrement musulmans et vivent conformément à leur nouvelle religion, dit que "les "crypto-Arméniens", ou Arméniens "secrets" sont ceux qui sont seulement désignés comme musulmans dans leurs papiers d'identité. Puisqu'ils n'ont pas, jusqu'à présent, été considérés comme une menace, ils n'ont pas été surveillés par l'Etat. Ils ont également manipulé leurs dossiers de population. Pour cette raison, il est très difficile de déterminer leur nombre réel."

Soulignant son opinion que les Crypto-Arméniens vont constituer un danger, S. Cohce donne comme exemple les efforts faits par les groupes Arméniens en ce qui les concerne, particulièrement ces dernières années. S. Cohce affirme que "des efforts sont faits pour leur rappeler leur identité; une assistance financière leur est fournie. Je pense, dit-il, qu'exactement comme l'émergence du PKK après l'ASALA (l'Armée secrète arménienne pour la Libération de l'Arménie), ces gens vont être utilisés "pour un terrorisme urbain" à l'intérieur de la Turquie, dans la période post-PKK. Une telle formation pourrait voir le jour vers 2010. De même, dit-il, " je pense, qu'en leur faisant prendre conscience de leur identité arménienne, ces gens vont à l'avenir, se présenter devant la Turquie avec des demandes de terres et de compensations."

Ils maintiennent des contacts étroits avec le PKK

S. Cohce, en attirant l'attention sur un contact étroit entre les Crypto-Arméniens et le PKK, dit ce qui suit:
"Un meeting s'est tenu en 1980 à la Fondation Gulbenkian, qui était financé par l'ASALA. Il a été décidé d'utiliser le PKK comme organisation "pion" pour affaiblir l'autorité de la Turquie dans la région, et pour réduire sa population.
La capacité initiale du PKK de former un lobby efficace en Europe et aux USA, et d'être soutenu,  a été obtenue avec l'aide de ces cercles. Et l'existence d'individus d'origine arménienne dans le PKK, et même le meurtre de certains d'entre eux, corrobore cet avis. De même, la présence de "Turcs" parmi les fondateurs et les dirigeants actuels du PKK donne à réfléchir".

Source : Cyprus Press and Information Office
http://www.pio.gov.cy/
Dec 30, 2005

 Traduction Louise Kiffer