Etats subordonnés et insubordonnés

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ZNet/ Moyen-Orient

Une interview de Noam Chomsky
Par Noam Chomsky et Khatchig Mouradian – Le 8 mai 2006
http://www.zmag.org/content/showarticle.cfm?SectionID=22&ItemID=10229

Traduction Louise Kiffer



Noam Chomsky, que le New York Times a appelé "sûrement le plus important intellectuel vivant" a été nommé en tête des intellectuels publics vivants lors du sondage sur les intellectuels mondiaux organisé en 2005 par le magazine britannique Prospect. Chomsky, professeur émérite du Massachusetts Institute of Technology , est un linguiste, écrivain et analyste politique mondialement célèbre. Il est l'auteur de nombreux livres sur la politique étrangère des Etats Unis et les affaires internationales. Le plus récent est: "Failed States: The Abuse of Power and the Assault on Democracy".(Etats défaillants: l'abus de pouvoir et l'assaut sur la démocratie- ndt).

Cette interview a été menée de Beyrouth par téléphone le 2 mai 2006.

 

Khatchig Mouradian – Dans un article intitulé "Circonscriptions intérieures", vous dites: "Il est toujours révélateur de découvrir ce qui a été omis dans les campagnes de propagande"1. Pouvez-vous vous étendre sur ce qui a été omis dans la campagne de propagande sur le Liban et la Syrie après l'assassinat de l'ancien Premier Ministre Rafic Harriri en février 2005 ?

Noam Chomsky – La seule chose discutée est qu'il y a eu un assassinat et que la Syrie y était impliquée. Comment se fait-il que la Syrie soit au premier plan au Liban ? Pourquoi les USA ont-ils bien accueilli la Syrie au Liban en 1976 ?
Pourquoi George Bush 1 a-t-il soutenu la présence, la domination et l'influence syriennes au Liban en 1991, comme faisant partie de sa campagne contre l'Irak ?
Pourquoi les USA ont-ils soutenu l'invasion d'Israël au Liban en 1982 ? Pourquoi les USA ont-il soutenu l'occupation par Israël pendant 22 ans de parties du Liban, et une occupation en violation des résolutions du Conseil de Sécurité ? Tous ces sujets, et plusieurs autres sont absents de la discussion.
En fait, le principe général est que tout ce qui place les actions US sous une lumière douteuse est omis, à de très rares exceptions près. De sorte que si on reproche quelque chose à un ennemi, là on peut en discuter, et la Syrie, en ce moment, est l'ennemi officiel. Cela ne veut pas forcément dire que les accusations contre la Syrie soient fausses. Cela signifie que toute autre chose est omise.

K.M. Quand on parle des régimes du Moyen Orient, on emploie souvent les expressions "la façade arabe" et "le flic local fait sa ronde". Quel est le rôle du Liban dans le secteur ?

N.C. L'expression "façade arabe" vient du secrétaire des Affaires Etrangères britannique Lord Curzon après la Première Guerre Mondiale. A cette époque-là, quand les Britanniques projetaient l'organisation du Moyen Orient, leur idée était qu'il devrait y avoir des façades arabes ayant des gouvernements apparents, derrière lesquels ils dirigeraient2.  L'expression "Le flic local fait sa ronde" vient de l'administration Nixon. C'était leur conception de la façon dont le Moyen Orient devait être dirigé. Il devait y avoir une région périphérique d'états
gendarmes (la Turquie, l'Iran sous le Shah, Israël jointe après la guerre de 67, le Pakistan y était pendant un certain temps). Ces états devaient être les flics locaux faisant leur ronde, tandis que les Etats Unis seraient le quartier général de la police.

La place du Liban était critique. Elle était principalement préoccupante à cause du transit du pétrole et aussi parce qu'elle était un centre financier. Les USA étaient soucieux de la garder sous leur autorité pour s'assurer que la totalité du système énergétique du Moyen Orient reste sous leur contrôle. Incidemment, pour les mêmes raisons, les USA ont considéré la Grèce comme faisant partie du Proche Orient. La Grèce était réellement dans la section Proche Orient du Département d'Etat jusqu'en 1974, car son rôle dans le planning US était de faire partie du système dans lequel le pétrole du Moyen Orient serait transporté à l'Ouest. Il en est de même aussi pour l'Italie. Cependant , le Liban avait un rôle plus crucial à ce sujet, parce qu'il se trouve exactement au centre du Moyen Orient. Les facteurs susmentionnés, de même que le soutien à l'action d'Israël – Israël étant un flic local faisant sa ronde – étaient les motivations de l'expédition d'Eisenhower de forces militaires au Liban en 1958.
 

K.M. Et qu'attend l'administration US du Liban aujourd'hui ?

N.C. La question de la Syrie est à part. Oui, les USA attendent du Liban qu'il joue un rôle de mise sous pression de la Syrie. Cependant, le problème pour les Etats Unis est que la Syrie n'est pas un état subordonné. On peut faire des tas de critiques sévères au sujet de la Syrie mais les problèmes internes de ce pays n'inquiètent pas spécialement les USA, qui soutiennent des gouvernements beaucoup plus brutaux. Le problème avec la Syrie est qu'elle ne se subordonne tout simplement pas au programme US dans le Moyen Orient. La Syrie et l'Iran sont les deux pays de la région qui n'ont pas accepté les arrangements économiques US. Et les politiques contre ces pays sont similaires. Prenez le bombardement de la Serbie en 1999, par exemple. Pourquoi la Serbie était-elle un ennemi ? Ce n'était certainement pas à cause des atrocités qu'elle commettait. Nous savons que le bombardement était exécuté dans l'espoir qu'il conduirait à une escalade des atrocités. Nous connaissons la réponse par le plus haut niveau de l'administration Clinton,  et la réponse était que la Serbie n'adoptait pas les réformes sociales et économiques convenables. En fait, c'était le seul coin de l'Europe qui rejetait encore les arrangements socioéconomiques que les USA voulaient dicter au monde.. Le problème avec la Syrie et l'Iran est plus ou moins le même. Pourquoi les Etats Unis planifient-ils ou menacent-ils de faire la guerre à l'Iran ? Est-ce parce que l'Iran a été agressif ? Au contraire, l'Iran était la cible de l'agression échafaudée par le Etats Unis. Est-ce que l'Iran menace qui que ce soit ? Non. Est-ce que l'Iran est plus brutal et moins démocratique que le reste du monde arabe. ?  C'est une blague. Le problème est que l'Iran ne se subordonne pas.

K.M.  Dans ce contexte, pourquoi l'Europe soutient-elle de plus en plus les politiques US au Moyen Orient ?

N.C.  Si l'on regarde les décennies passées, le principal souci de la politique US – et c'est très clair dans son planning interne – est la possibilité que l'Europe suive un cours indépendant. Pendant la période de la guerre froide; les Etats Unis avaient peur que l'Europe puisse suivre ce qu'ils appelaient "une troisième voie", et de nombreux mécanismes ont été utilisés pour empêcher toute intention de la part de l'Europe de suivre un cours indépendant. Cela remonte exactement aux derniers jours de la Deuxième Guerre Mondiale et ses conséquences immédiates, quand les Etats Unis et la Grande Bretagne sont intervenus, dans certains cas très violemment, pour supprimer la résistance anti-fasciste, et restaurer les structures traditionnelles, y compris les collaborateurs nazi-fascistes. L'Allemagne fut reconstruite presque à l'identique. La réticence à accepter une Allemagne neutre unifiée dans les années 50 était fondée sur la même idée. Nous ne savons pas si cela aurait été possible, mais Staline avait proposé une Allemagne unifiée, avec des élections démocratiques, qu'il était sûr de perdre, mais à condition qu'elle ne fasse pas partie d'une alliance militaire hostile. Néanmoins, les Etats Unis ne voulaient pas tolérer une Allemagne unifiée. L'établissement de l'OTAN est, pour une large part, un effort pour assurer une Europe disciplinée, et les tentatives courantes d'expansion de l'OTAN sont une élaboration supplémentaire du même genre.

Les élites européennes ont été, dans l'ensemble, plutôt satisfaites de cet arrangement. Elles ne sont pas très différentes des forces dominantes des USA. Elles sont quelque peu différentes, mais étroitement liées. Il y a des investissements mutuels et des relations d'affaires. Les secteurs d'élite de l'Europe ne sont pas particulièrement opposés aux politiques US. On peut voir cela d'une façon frappante dans le cas de l'Iran. Les Etats Unis ont cherché à isoler et à étrangler l'Iran pendant des années. Ils ont mis des embargos et prononcé des sanctions, ils ont incessamment menacé l'Europe d'éliminer les investissements en Iran. Les principales sociétés européennes étaient bien d'accord. La Chine, de son côté, ne l'était pas. Il n'est pas possible de faire pression sur la Chine, c'est pourquoi le gouvernement US a peur de la Chine. Mais l'Europe recule et se conforme assez bien à la volonté des Etats Unis. Il en est de même du front  Palestine Israël.  Les Etats Unis soutiennent fortement la prise de pouvoir des parties valables des territoires occupés, et également l'élimination de la possibilité de tout état palestinien viable. Sur le papier, les Européens ne sont pas d'accord avec cela et se joignent au consensus international pour un règlement en deux états, mais ils ne font rien pour y parvenir. Ils ne veulent pas se dresser contre les Etats Unis. Quand le gouvernement US a décidé de condamner les Palestiniens pour avoir élu le mauvais parti lors des dernières élections, l'Europe a approuvé, pas totalement mais presque. Dans l'ensemble, les élites européennes ne voient pas quel serait leur intérêt à se confronter aux Etats Unis. Elles préféreraient s'y intégrer. Le problème que les Etats Unis ont avec la Chine, et l'Asie en général, est qu'elles n'acceptent pas automatiquement les ordres US.

K.M. Elle ne rentrent pas dans le rang.

N.C. En effet, elles ne veulent pas rentrer dans le rang, et spécialement dans le cas de la Chine, elles ne veulent pas se laisser intimider. C'est pourquoi, si on lit la dernière "National Security Strategy" la Chine est identifiée comme la principale menace à long terme pour les Etats Unis. Ce n'est pas parce que la Chine va envahir ou attaquer qui que ce soit. En fait, de toutes les importantes puissances nucléaires, elle est celle qui est la moins agressive, mais elle refuse tout simplement de se laisser intimider, pas seulement pour sa politique concernant le Moyen Orient, mais aussi en Amérique latine. Alors que les Etats Unis essaient d'isoler et de fragiliser le Venezuela, la Chine se met à investir là-bas et à importer du Venezuela, sans s'occuper de ce que disent les US.

L'ordre international fonctionne en un sens un peu comme la mafia. La parrain doit s'assurer que la discipline règne.

L'Europe poursuit tranquillement ses propres intérêts économiques, tant qu'ils n'entrent pas directement en conflit avec ceux des Etats Unis. Même dans le cas de l'Iran, bien que les principales sociétés européennes se soient complètement retirées du pays, et que l'Europe ait cédé sur ses négociations avec Téhéran au sujet de l'uranium enrichi, néanmoins l'Europe maintient fermement ses relations économiques avec l'Iran. Pendant des années, les Etats Unis ont aussi essayé d'empêcher l'Europe d'investir à Cuba, et l'Europe ne s'en est pas trop rapprochée, mais un peu quand même.  Les Etats Unis ont une attitude ambiguë envers l'investissement européen et l'extraction de ressources d'Amérique latine. Il n'y a qu'une chose pour laquelle les systèmes de sociétés américaines et européennes  sont vraiment très liées. Les Etats Unis font confiance au soutien européen dans de nombreuses parties du monde. Que l'Europe investisse en Amérique latine et importe ses ressources n'est nullement aussi menaçant pour la domination US que si la Chine en faisait autant.

K.M.  Dans l'un de ses récents discours, Hasan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah, a parlé de la solidarité avec le mouvement de résistance dans les territoires occupés, et avec "notre frère Chavez". Parlons du lien commun qui se noue entre des personnes de part et d'autre de l'Atlantique, et qui réunit différents contextes  idéologiques.

N.C.  Le lien commun qui les unit est qu'ils ne se sont pas subordonnés au pouvoir US. Le Hezbollah sait parfaitement bien qu'il ne va recevoir aucune aide du Venezuela, mais le fait que tous deux suivent leur cours indépendamment du pouvoir US, et en fait, en se méfiant des ordres US, les relie.
Les Etats Unis ont essayé en vain, depuis plus de 45 ans,  de renverser le gouvernement cubain, et il est toujours là. La montée au pouvoir de Chavez a fait très peur aux élites US. Il avait un énorme soutien populaire. Le niveau du soutien au gouvernement élu au Venezuela a grimpé brusquement et il est maintenant le plus haut de l'Amérique latine. Et Chavez suit son cours indépendant. Il fait un tas de choses que les Etats Unis n'aiment pas du tout. Par exemple, l'Argentine, qui s'est ruinée complètement en obéissant aux ordres du FMI, s'est reconstruite lentement en rejetant les règles du FMI, et a voulu se débarrasser de ses dettes envers le FMI. Chavez l'a aidée, et il a acheté une part substantielle de la dette de l'Argentine.. Se débarrasser du FMI signifie se débarrasser de l'une des deux modalités de contrôle employées par les Etats Unis: violence et force économique. Hier, la Bolivie a nationalisé ses réserves de gaz; les Etats Unis sont opposés à cela. Et la Bolivie a pu faire cela en partie grâce au soutien du Venezuela.

Si des pays se dirigent en direction d'un nationalisme indépendant, c'est considéré comme inacceptable. Pourquoi les USA ont-ils voulu détruire Nasser ? Etait-ce parce qu'il était plus violent et tyrannique que d'autres dirigeants ? Le problème est que c'était un nationalisme laïque indépendant. Cela ne peut pas du tout être accepté.

K.M.  Vous avez parlé de la popularité du gouvernement Chavez chez lui. Les élections montrent qu'il n'en est pas de même pour l'administration Bush et ses politiques, à la fois chez lui et à l'étranger. Malgré le mécontentement sur une vaste gamme de questions, il y a  eu peu de changement en termes de politique US. Comment expliquez-vous cela ?

NC. -  Dans un livre qui vient de sortir, j'ai parlé de cela assez longuement. Les Etats Unis ont chez eux un déficit croissant et déjà énorme de démocratie, il y a un énorme désaccord entre l'opinion publique et la politique de l'Etat, sur une vaste gamme de questions, à commencer par le système de santé en Irak. L'administration Bush a très peu de prise sur le pouvoir – rappelez-vous qu'aux dernières élections Bush a  obtenu environ 31 % de voix, Kerry a obtenu 29 %.
Quelques changements dans les votes de l'Ohio, et le résultat aurait été différent.
Ils utilisent cette faible prise désespérément pour institutionnaliser des changements très radicaux et à longue échéance aux Etats Unis. Ils peuvent s'en tirer avec ça car il n'y a pas de parti d'opposition. S'il y avait un parti d'opposition, il aurait totalement écrasé l'administration Bush. Toutes les semaines, l'administration Bush fait quelque chose comme se tirer une balle dans le pied, que ce soit l'ouragan Katrina, les scandales de la corruption, ou autres questions, mais le parti d'opposition officiel ne peut rien y gagner. L'une des choses les plus intéressantes de la politique US des années passées est la suivante: alors que le soutien à l'administration Bush qui a toujours été très faible, a décliné brusquement  à mesure que les catastrophes se succédaient, le soutien aux Démocrates n'a pas progressé. Il s'accroît uniquement en réaction au manque de soutien aux Républicains. C'est parce que les Démocrates ne présentent pas d'alternative.

K.M.  Vous avez mentionné votre dernier livre "Failed States" (Etats défaillants – ndt). Dans la postface de ce livre, vous dites: "Personne, connaissant l'histoire, ne devrait être surpris que le déficit démocratique croissant dans le pays soit accompagné de déclarations de missions messianiques pour apporter la démocratie à un monde souffrant". A quel point ces "missions messianiques" aident-elles l'Administration Bush ?

N.C.  Elle aident l'administration parmi les classes instruites. Je discute de cela assez longuement dans le livre. Les missions messianiques sont arrivées tout de suite après l'échec de la recherche d'armes de destruction massive en IrakL'invasion n'était fondée que sur la croyance que l'Irak était sur le point d'attaquer les USA avec des armes nucléaires. Eh bien, au bout de quelques mois, ils ont découvert qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive, il leur fallait donc trouver un autre prétexte pour l'invasion, et ce fut la mission messianique. Les classes intellectuelles, en Europe aussi, et même dans le monde arabe, captèrent ceci: le dirigeant l'a dit, par conséquent nous devons le croire.

Dans la population en général, cependant, je ne pense pas que ces missions messianiques aient tant d'influence, sauf indirectement. Toute cette rhétorique est un faible effort, et en fait est déjà assez désespérée.

K.M. Ma question finale est au sujet de la Turquie, l'un des flics qui font leur ronde. J'ai été très troublé par les événements récents au sud-est du pays. Vous êtes allé assez souvent en Turquie, et vous avez également visité les régions kurdes. Quel est, à votre avis, la situation actuelle des libertés en Turquie ?

N.C.  Comme vous le savez très probablement,  l'investigateur principal de l'association "Human Rights Watch" (Surveillance des Droits Humains) Jonathan Sugden, qui est quelqu'un de tout à fait admirable, vient juste d'être expulsé du pays parce qu'il était en train d'enquêter sur les violations des droits humains dans la zone du Sud-est.

En 2002, la situation en Turquie, et spécialement dans la zone kurde, était plutôt mauvaise, mais au cours des quelques années suivantes, elle s'est améliorée, et maintenant elle est de nouveau en train de régresser. Permettez-moi de vous donner un exemple personnel. J'y étais en 2002 pour participer au procès d'un éditeur qui était jugé pour avoir publié quelques-unes de mes remarques au sujet de la Turquie. Maintenant, il est de nouveau en procès pour un autre livre.

Il y a de nombreuses raisons à la régression. L'armée exerce une plus lourde pression; les réformes, qui prenaient place lentement, sont réduites. Mon sentiment personnel est que l'une des raisons de ces faits nouveaux est l'hostilité de l'Europe envers la possibilité de la Turquie d'entrer dans l'UE. Il y a là un élément de racisme assez fort, auquel les Turcs ne sont pas insensibles.

 

Khatchig Mouradian est un écrivain, traducteur et journaliste arménien. Il est éditeur du journal quotidien Aztag, publié à Beyrouth. On peut le contacter à:
khatchigm@gmail.com

 

1) Noam Chomsky, "Domestic Constituencies"  - Z magazine, 11:5, p. 18

2)   Lord Curzon a dit un jour que la Grande Bretagne voulait  "une façade arabe, gouvernée et administrée sous la direction de la Grande Bretagne, et contrôlée par quelqu'un d'origine musulmane, et autant que possible, par un personnel arabe".